AccueilEditoriauxLes tests diagnostiques – un atout pour le bon usage des antibiotiques

Les tests diagnostiques – un atout pour le bon usage des antibiotiques

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Depuis la pandémie de COVID-19, les tests de diagnostic tels que la PCR et les tests rapides font désormais partie du lexique public. Le diagnostic rapide à également un rôle crucial pour identifier et traiter les infections microbiennes, et pour ralentir la résistance aux antimicrobiens (RAM ou AMR en anglais).

L’évolution rapide des savoirs médicaux, biologiques, technologiques et numériques incite l’industrie du diagnostic in vitro à investir plus que jamais dans le développement de solutions innovantes. De nouveaux tests diagnostiques sont mis au service des laboratoires et des plateaux techniques pour soutenir une meilleure prescription antimicrobienne tout au long du parcours de soins.

Ceci se traduit :

  • En médecine de ville, avec des tests réalisés en présence et à proximité du patient lors de la consultation chez le médecin (Point of Care Testing POCT). Par exemple, dans le cas des infections respiratoires, l’identification rapide et simplifiée des pathogènes est possible à l’aide de panels syndromiques, ou de tests rapides, ou de tests réalisés sur des plateaux techniques centralisés des laboratoires biologiques ;   
  • À l’hôpital, avec des tests délocalisés dans les services d’urgences à proximité des patients (Near Patient Testing NPT), et au niveau du laboratoire central où l’on peut réaliser des panels syndromiques, des tests d’identification microbiologique, et des antibiogrammes. Ces laboratoires bénéficient de façon croissante de logiciels d’agrégation de l’information (Clinical Decision Support Systems CDSS), qui facilitent l’analyse des résultats.

Quel que soit le lieu de réalisation des tests de diagnostic, la digitalisation des résultats joue un rôle primordial pour assurer la traçabilité et le lien avec le dossier du patient et son parcours de soin. Le but est d’offrir plus de rapidité, de précision, au meilleur coût et au plus près des patients et des professionnels de santé, sans compromis aucun sur la qualité de l’offre diagnostique.

Les nouveaux tests diagnostiques, utilisés de façon adaptée par les équipes soignantes et pluridisciplinaires (e.g. comité de bon usage des antibiotiques, hygiénistes), contribuent à une meilleure utilisation des antibiotiques ; à diminuer le risque d’antibiorésistance ; à une meilleure qualité des soins (e.g. infections respiratoires aigües1, bactériémies 2, 3, utilisation de CDSS4) ; et à une plus grande efficience des établissements de santé. Un diagnostic rapide et pointu permet d’éviter ou de diminuer les actes médicaux inutiles et les tests plus longs et onéreux devenus obsolètes, tout en dégageant du temps médical et favorisant l’autonomie du personnel soignant (e.g. NPT aux urgences5). Au-delà, c’est toute la gestion des infections communautaires et acquises à l’hôpital qui bénéficie de cette innovation diagnostique.

Les bénéfices d’un parcours de soin amélioré s’étendent au niveau sociétal quand le patient sort de l’hôpital : moins de réadmissions, capacité à retravailler ou retourner rapidement à l’école, moins de séquelles à court et long-terme. Ce sont ces impacts sociétaux qu’il convient de valoriser à leur juste mesure.

Dans un contexte de contraintes budgétaires et organisationnelles exacerbées pour les systèmes de santé, il y a des opportunités d’efficience en termes de valeur médico-économique qui peuvent être exploitées. Il convient d’évaluer l’impact des évolutions diagnostiques récentes dans toutes leurs dimensions, en ville comme à l’hôpital, pour le patient, pour les professionnels de santé, et pour la société.

C’est pourquoi le comité stratégique de filière santé « antibiorésistance » a décidé d’en faire un axe de travail collaboratif en y associant : les autorités gouvernementales, les organismes de recherche académiques, des économistes de la santé, et les industriels pharmaceutiques et du diagnostic in vitro.

Quel meilleur engagement pour le bien commun ?


Références

1Subramony 2016. Impact of Multiplex Polymerase Chain Reaction Testing for Respiratory Pathogens on Healthcare Resource Utilization for Pediatric Inpatients. J Pediatr http://dx.doi.org/10.1016/j.jpeds.2016.02.050

1 Subramony 2016. Impact of Multiplex Polymerase Chain Reaction Testing for Respiratory Pathogens on Healthcare Resource Utilization for Pediatric Inpatients. J Pediatr http://dx.doi.org/10.1016/j.jpeds.2016.02.050

2 Timbrook, 2017. The Effect of Molecular Rapid Diagnostic Testing on Clinical Outcomes in Bloodstream Infections: A Systematic Review and Meta-analysis. Clin. Infec. Dis. 64(1):15-23

3 Pliakos 2018. The Cost-Effectiveness of Rapid Diagnostic Testing for the Diagnosis of Bloodstream Infections with or without Antimicrobial Stewardship Clin. Microbiol. Rev. 2018:31(3):E00095-17

4 Laka 2020. Can Evidence-Based Decision Support Tools Transform Antibiotic Management? A Systematic Review and Meta-Analyses. J. Antimicrobial. Chem. 75(5):1099-1111

5 Clark 2020. Clinical impact of a routine, molecular, point-of-care, testand-treat strategy for influenza in adults admitted tohospital (FluPOC): a multicentre, open-label, randomized controlled trial. Lancet Respir Med; 9: 419–29


Auteur

François Lacoste

Senior VP Public Health

Institut Merieux